Nous avons tous des secteurs de prédilections, pour ma part, il s'agit du Briançonnais, du Queyras et du Diois !
Il était bien logique alors que je lance une proposition au groupe pour aller sillonner ce secteur en ce si beau mois de septembre.
Mais sur cette proposition (pourtant honnête) faite au CAF, seul Fred était disponible pour la semaine.
Toutefois, Dominique, Alain et Mélanie nous on rejoint à la journée le samedi pour faire le tour du plateau d'Emparis, une valeur sûre !
J'ai aussi proposé à Christian un ami de trente ans grenoblois qui était 100 % partant.
J'avais proposé à K'tie, mais elle a décliné l'invitation me laissant partir avec les gars le coeur brisé !
Pour l'hébergement, bien qu’habitué au camping, comme nous étions en fin de saison et pour ne pas affronter la fraicheur du matin nous avons loué un appartement à Roubion à côté de Névache.
Au fil de jours nous nous sommes déplacés autour de ce point certes pas central mais correspondant à nos attentes en termes de lits et de confort.
Pour les parcours, j'ai proposé des parcours que j'avais déjà faits pour éviter trop de surprises mais...
Jour 1 : Le Plateau d'Emparis 33 kms 1381 m
(il existe plusieurs orthographes, mais je vais choisir celle-ci)
Après 2h30 de transport nous démarrons notre parcours et nous évoluons sous le pic du Mas de la Grave en passant sous le refuge éponyme.
Le vallon se raidit et nous débouchons à l'aplomb du Pic du Mas de la Grave sur le plateau que nous traversons en direction du GR54.
Cet endroit offre de très belle vues et ce sera l'occasion de manger notre pique-nique.
Ensuite, nous glissons sur les épingles du GR qui domine Besse en Oisans pour reprendre une piste facile qui nous ramène sur le plateau. Nouvelle traversée jusqu'au col Souchet ou là, la Meije trône dans toute sa splendeur !
Dans la montée du dernier col, je constate que mon moteur est en défaut ! En effet l'aimant qui dirige le calculateur a attrapé une rondelle métallique au vol et ça perturbe le fonctionnement.
Merci encore à Dominique pour avoir identifié la panne !
Au col Souchet, un retour par les lacs s'impose avant de descendre sur le Chazelet.
Là, deux possibilités, un parcours balisé VTT ou le GR qui offre en visuel de très beaux virages dans sa première partie. Comment résister même si je sais que la suite sera plus caillouteuse mais nos machines sont dotées de telles suspensions qu'il sera facile d'absorber le relief !
Et nous glissons euphoriques comme des gamins sur le Chazelet profitant tout de même de quelques pauses pour mieux profiter des paysages,
La journée se termine autour d'une bière et d'un gâteau confectionné avec soin par Marie la femme d'Alain et chacun reprend sa route chacun reprend son chemin, en direction de l'Isère, de la Savoie ou de la Clarée.
Jour 2 : L'inoubliable Porte de Christol 35 kms 1395 m
J'avais fait ce parcours coté en T3 (niveau moyen) il y a une douzaine d'années et soit ma mémoire défaille soit les pierres ont poussé au milieu du chemin entre-temps !
Finalement ce jour-là notre plaisir a été à la montée tant la descente s'est vite avérée merdique !
Mes compagnons de bordée ont été d'une grande tolérance en évitant de me jeter dans le ravin ou de me caillasser, ce n'est pas la matière première qui leur manquait pourtant !
Si cette descente s'est avérée « inoubliaaable », ce sera notre premier de nos trois passages au col du Granon par son versant Clarée !
Nous sommes sortis vivants de cette galère, mais j'ai bien compris que le lendemain il fallait que j'assure nos arrières, c'est un peu ça la gestion de groupe ?
Jour 3 : Montgenèvre Chenaillet et Balcons du Queyras 30 kms 998 m
Mais quelle jolie piste que voilà ce matin !
C'est sans difficulté que nous atteignons le Chenaillet et la cabane des douaniers, pas de produits de contrebande dans les sacs, nous poursuivons en direction du lac Gignoux et la baisse du niveau d'eau constitue un magnifique anneau de vitesse sur lequel nous roulons.
Pour mieux assurer encore la « roulabilité » nous revenons sur nos tours de roues (sur nos pas c'est pour les randonneurs) et avec quelques up and down, nous débouchons au sommet des Anges.
De là, nous descendons sur le domaine VTT de la station de Montgenèvre et je vois le Fred qui retrouve la banane dans ce magnifique toboggan !
Il excelle en descente et même avec un poignet en vrac, il nous largue à chaque descente !
Jour 4 : Balcons de la Guisane partie Basse 34 kms 1494 m
Nous choisissons ce parcours car, ce soir nous sommes de corvée de courses à Briançon et nous partirons du parking du supermarché pour accéder rapidement à un petit canal un peu caché qui mérite d'être parcouru.
Ca enchaîne sur la montée du Granon entre pistes et sentiers, j'avoue que le moteur me rend la vie bien plus facile, mes associés sont souvent contraints de poser le pied à terre.
Au col, les plans de myrtilles forment un camaïeu de jaunes, orangés et rouges, c'est magnifique tout comme le ciel d'un bleu intense qui vient renforcer ces couleurs.
Encore un sentier en balcons (mais pas que...) pour rejoindre la Croix de Toulouse qui évidement comme son nom l'indique se trouve au-dessus de Briançon. Une bonne descente sur sentiers nous amène a l'Esplanade puis à notre point de départ.
Jour 5 : Névache les Drayères et retour par chemin de ronde 37 kms 1076 m
C'est par une route paisible que nous remontons la vallée et une piste encore bien caillouteuse nous conduit en direction du refuge des Drayères. Nous n'irons pas au refuge pourtant si réputé pour son accueil sympathique, car un camion s'affaire à vider leur fosse septique...
La descente se fait par de sympathiques sentiers bien ludiques et mise à part la chute dans une tourbière de votre serviteur, nous n'avons rien à déplorer (ma roue s'est quand même plantée jusqu'au moyeu avant que mes pieds fassent la même chose jusqu'aux genoux) mais il paraît qu'il y en a qui payent pour des bains de boue...
Petite fantaisie pour finir la journée, au niveau de Fontcouverte nous remontons vers le refuge du Ricou par une piste exigeante de part sa pente et des cailloux qui l'encombrent. Ensuite, nous changeons d'option pour grimper directement par le GR sur environ 200 mètres de dénivelé pour rejoindre le chemin de ronde. Je force sur la mobylette et dans un geste malheureux, je casse ma pédale ! Avec cette nouvelle panne, je crois que je suis le chat noir du groupe !
Le sentier est encore en balcons, c'est d'ailleurs un peu le but d'un parcours VTT, faire durer le plaisir et se reposer entre montées et descentes...
Nous atteignons la route et là par prudence je quitte mes compères pour une descente « safe » par la route !
Chaque soir nous retrouvons le gîte avec son lot de rituels, entretien du vélo (surtout pour Fred d'ailleurs), ensuite, il y a un temps pour la bière et un petit goûter puis les douches, la préparation du repas chacun son tour, l'apéro et le repas...
Jour 6 : La Guisane partie haute 39kms 1226 m
Christian nous quitte aujourd'hui après une dernière rando. Il prend du temps pour ranger des affaires tandis que nous nous dirigeons sur Briançon pour trouver des pédales. Si nous avions été dans un lieu plus désert il aurait fallu se contenter de récupérer des pédales sur un vieux vélo dans une déchetterie (méthode MacGyver)...
Nous nous retrouvons à Villeneuve la Salle et nous essayons de monter les pédales neuves mais le filetage est bousillé !
On s'accorde avec les copains, je vais essayer de faire réparer et je les rejoindrai (ou pas) sur le parcours...
Moyennant dix balles un réparateur me refait un filetage provisoire. Et là, je mets la gomme pour les rejoindre dans la montée qui grimpe sous le Grand Aréa. (Il est important de souligner que cet Area n'est pas soumis à péages).
Aujourd'hui ce sera la journée des bergères et on chantonne « il était une bergère qui gardait ses moutons. Elles avaient de gros patous » mais face aux chiens, nous ne sommes pas toujours très fiers et prenons quelques précautions d'usage en marchant à côté des vélos !
Après le pique-nique, c'est par une succession de pistes et de sentiers que nous arrivons sous l'aiguillette du Lauzet. Le sentier du Roy est superbe et les zones pierreuses moins nombreuses dans la partie finale. Au pont de l'Alpe nous rejoignons le hameau du Lauzet et c'est par le fond de vallée que nous arrivons à Villeneuve la Salle.
Les adieux sont déchirants avec Christian mais sûr qu'on va se retrouver sur un concert ou un viron en montagne prochainement...
Christian a toujours conservé une super forme au fil des années et si je veux lui tenir pied, il faut que je lâche des watts avec le VTTAE !
Jour 7 : Coup de poker à Dormillouse 38 kms 1307 m
Je suis passé sur cette piste il y a deux ans avec mon ami Pep et elle était encombrée de grosses pierres. Nous partons donc sur la pointe des pneus en se disant que le demi-tour est envisageable si c'est une galère. En fait, il y a eu depuis des travaux dans le secteur et la piste est lisse comme..., comme quelque chose de très lisse et du coup pour Fred, c'est plus facile, car lui ne tourne pas en mobylette mais à la force du mollet !
Après la piste, la pente alterne parties plates ou côtes très raides.
Avant le col de Dormillouse, nous rencontrons une bergère que nous trouvons très sympathique et elle nous parle de son métier ou plutôt de ses métiers, car elle est pisteuse, AMM et bergère au gré des saisons. On se rêve déjà en bergers vivants au milieu des alpages... mais il faut revenir à la réalité, car une superbe descente nous attend après le col de la Lauze.
Au col, deux chiens de protection nous attendent, nous prenons du temps pour ne pas les brusquer et ils entament la descente en direction de Montgenèvre comme nous avons prévu de le faire !
Le pique-nique nous sauve et quand nous repartons sur ce sentier très ludique et peu difficile, nulle trace des chiens,
En dessous de Montgenèvre des éboulements nous contraignent un peu, mais nous trouvons une piste balisée VTT avec quelques passages un peu compliqués pour traverser le ruisseau et rejoindre l'autre rive...
Aux Alberts, la remontée de la Clarée est franchement agréable, le cadre est sympa et sans difficulté aucune.
Jour 8 : Retour maison Seuil des Rochilles lac des Cerces 14 kms 657 m
Après un ménage digne d'une médaille d'or aux JO, nous laissons notre location propre et nous passons le Galibier pour démarrer la petite rando du jour à Plan Lachat
La piste militaire nous amène rapidement au seuil des Rochilles ! Le niveau du premier lac est particulièrement bas cette année !
Ensuite le sentier qui nécessite du portage pour Fred nous conduit au col des Cerces puis par une descente rapide au superbe lac qui porte le même nom.
Et là, nous entrons dans la phase vertigineuse du parcours : si Pascal Sombardier avait écrit des bouquins de vtt, sûr qu'il l'aurait mentionné dans ses « randonnées du vertige » !
Le chemin est en taille seize, (seize, c'est treize et trois ou très étroit, c'est toi qui vois) et puis il est gazeux ! C'est pas le moment de faire les cons et on prend de la distance pour se concentrer. Quand on rejoint la piste, il y a comme du soulagement dans l'air !
Et même si le sentier final qui nous ramène à la voiture est parfois raide, on s'en accommode facilement.
Pour résumer le séjour, notre trio a plutôt bien fonctionné, j'ai été un peu déçu que l'on ne fasse pas un peu plus d'émules mais le format sur 8 jours n'a peut-être pas aidé, il faudra en reparler en début de saison avec les copains ?
Pour le choix des itinéraires, nous avons bien sillonné le secteur et bien profité des différents paysages entre le massif des Ecrins, celui des Cerces et du Queyras
Nous avons été confrontés à beaucoup de cailloux au sol, les chemins sont-ils moins bien entretenus actuellement, c'est bien possible ?
Et pour finir par des chiffres : 9534 m de déniv et 260 kms, ça fait presque 1200 m par jour et un peu plus de 30 kms par jour ! 
Alors en 2027, si on s'embarquait pour une itinérance autour du massif des Ecrins ou du Queyras ???
Texte : Eric - Photos : Christian, Eric, Fred
Cette nouvelle activité VdM est pilotée par Frédéric Mollier, breveté fédéral.
Cotation des difficultés des sorties :
difficulté physique
P1 débutant = tout public, y compris enfants
P2 facile = moins de 500m de denivelé
P3 assez difficile = 3 à 4h de vélo , pentes soutenues courtes, petit poussage / portage, 800m de dénivelé environ
P4 difficile = plus de 4h de vélo, pentes soutenues assez longues, portage, dénivelé > 1000m
P5 très difficile = plus de 6h de vélo en montagne en terrain difficile avec portage, dénivelé > 1500m
difficulté technique
T1 débutant = pas de connaissance particulière
T2 facile = passages propres et larges, pas exposés et peu raide
T3 assez technique = passages de petites marches, racines, assez raides
T4 technique = marches, racines, virages serrés, le tout raide, défoncé et/ou humide
T5 engagé = c'est du technique exposé
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